Sur la page d’accueil de Cyberpresse, on peut lire aujourd’hui le titre d’article « Cheb Mami condamnée à 5 ans de prison »
. « Tiens, pensai-je, j’avais l’impression que Cheb Mami était un homme ». Le lien qui mène vers l’article montre en effet la photo d’un homme, condamné pour avoir forcé son ex-conjointe à l’avortement; plus de doute possible, il s’agit bien d’un homme. Mais comment a-t-on pu mettre le « e » à « condamné » dans le titre ? Lisons: « La star franco-algérienne du raï Cheb Mami, 42 ans, a été condamnée à 5 ans de prison ferme vendredi en France pour tentative d’avortement forcé sur son ex-compagne en 2005. » Ce n’est pas un trésor de ponctuation, mais on comprend que le participe passé s’accorde avec le sujet « la star franco-algérienne ».
En lisant plus loin, on constate que l’article n’est pas une merveille de rédaction. Si la ponctuation de cette phrase est terne et mal avisée (« La veille Cheb Mami avait reconnu sa responsabilité mais avait soutenu avoir été «piégé» par son ex-gérant. »), que dire de celle-ci : « Hicham Lazaar réside en France et Adelkader Lallali en Algérie. », où la virgule qui devrait remplacer le verbe après Adelkader Lallali est tout simplement absente, ce qui rend la phrase syntaxiquement incorrecte et vide de sens.
Peu avant, on peut lire « Hicham Lazaar (…) et Abdelkader Lallali (…) ont été condamnés par contumace à respectivement à trois ans et six ans de prison. ». Rien ne va dans cette phrase, où à défaut de choisir où mettre le « à », on le met aux deux endroits possibles, et où on ne profite pas du sens de l’adverbe « respectivement » pour éviter la redite de « ans ». J’aurais préféré lire « ont été condamnés par contumace à respectivement trois et six ans de prison ».
Dans la vie, on n’a pas toujours ce qu’on préfère, direz-vous.
En effet, mais comme je n’en étais encore qu’à la moitié de l’article, j’ai préféré cesser de lire.
