Je ne sais que penser des rapports entre Silvio Berlusconi et la jeune Noemi, mais je suis persuadée que ce n’est pas mes oignons. Ce n’est pas une explication qui m’empêche systématiquement d’émettre une opinion sur un sujet. Par exemple, l’usage des majuscules sur cyberpresse est sur le point de faire l’objet d’un billet de blogue. Pourtant, c’est évident : ce n’est pas mes oignons.
Soit un extrait d’un article de cyberpresse publié le 29 mai 2009 vers 11h30 :
« Entre «révélations» quotidiennes de La Presse et protestations d’innocence, Silvio Berlusconi est empêtré dans l’affaire Noemi qui a occupé toute la semaine la scène politique italienne au risque de le déstabiliser. »
Qu’est-ce que les signes typologiques nous disent ? En tant que Québécois, on sait qu’il existe ici un journal dont le nom est La Presse; il est fort probable que l’on sache également que cyberpresse et La Presse sont deux organes d’un même corps journalistique. En tant que francophone, on sait que « la presse » signifie par métonymie un ensemble de journaux publiés dans une catégorie quelconque. Ces catégories peuvent être explicites (la presse écrite, la presse italienne, la presse mondiale) ou implicites.
Je n’ai pas l’impression que le quotidien montréalais La Presse publie chaque jour des révélations sur le chef d’État italien (tien, une majuscule ! Gageons qu’elle a une fonction !). Je ne crois pas qu’un humain ayant lu ou rédigé l’article (les informations proviennent de l’AFP) ait reconnu dans l’exergue et ailleurs dans le texte (« … l’accusant de fréquenter des mineures il y a un mois, La Presse d’opposition mène campagne… ») une occurrence du nom de son journal d’attache. Que s’est-il passé ?
Dans des phrases du type « La Presse a appris que… », il est essentiel que le nom porte des majuscules, principalement dans un environnement comme cyberpresse, qui ne conserve pas les italiques (il y a sans doute une excellente raison de compatibilité pour prendre une telle décision). En publiant que « la presse a appris quelque chose », La Presse perdrait le crédit qu’elle tente pourtant de s’octroyer justement. Si c’est arrivé par le passé, quelqu’un s’est sans doute dit « Écrivons un script* », un petit bout de programme informatique qui repère automatiquement les mots « la presse » et les transforme en « La Presse ». C’est malheureux, mais dans le cas présent – et sans doute assez régulièrement – cet outil brouille le sens de l’article.
Vous direz peut-être que je n’apporte pas de solution à ce problème. En effet, je n’apporte pas de solution informatique à ce problème. Parfois, les humains font un excellent travail. Surtout dans la communication avec un autre humain.
*S’il existe un terme français satisfaisant pour le mot « script » dans ce contexte, merci de me le communiquer.